Exposition du 7 juin au 8 août 2008 | Table-ronde le 8 juin 2008

Le Perche des Arts est paru

11 oct 2009
Aucun Commentaire
répondre
rétrolien

Couverture Perche des Arts

On attendait un annuaire d’artistes résidant dans le Perche, et c’est un journal de bord singulier que livre Homayoun Minoui en signant « Le Perche des Arts ». Son aventure y est contée par le menu, de la découverte du Perche et la première maison en 1980, jusqu’à l’achat sur un coup de foudre de l’ancien Hôtel de la Poste à Rémalard en 2004. En 2007 édition des « Couleurs du Perche » de Stéphane Perera. Et puis cette « idée folle» née il y a deux ans : réunir dans un ouvrage les artistes du Perche et « faire reconnaître et rayonner l’Orne au-delà de ses frontières ». Un « ovni éditorial » selon Julien Cendres, directeur éditorial, qui l’a accompagné dans cette « folie ».

« Vous êtes dans cette liste? »
Qu’y trouve-t-on? Une double page accordée à chaque artiste ayant souhaité participer; portfolio luxueux, avec photographie, biographie, texte de commentaire, l’univers de l’artiste illustré par une mise en page personnalisée. Les percherons reconnaîtront des amis, des relations, et découvriront de nouveaux noms. Sculpteur, compositeur, plasticien, écrivain, chacun avait le loisir de participer. Tous ne l’ont pas fait et ne l’ont pas souhaité. Certains se retrouvent malgré tout cités, en particulier dans l’affiche promotionnelle. Un couac qu’Homayoun Minoui traite pour l’heure avec humour. Sur les treize récalcitrants qui lui ont fait part de leur mécontentement : « J’espère que le quatorzième se fera connaître, car le chiffre 13 porte malheur ». On peut regretter que des romanciers comme Jean-Pierre Maurel auteur du délicieux « Paris-Perche-Express » n’y figure pas. Ou encore Christian Guillemin, sculpteur, qui a présenté en 2008 une exposition personnelle remarquée Faucheurs Fauchés à l’Ecomusée du Perche.

On peut s’interroger sur le parti-pris d’exhaustivité, qui a demandé un travail colossal. Editer, c’est discerner, et il eut été tout aussi pertinent que l’auteur nous livre son regard personnel sur les arts dans le Perche en opérant une sélection subjective, en cohérence avec le ton à la première personne du récit. La notion d’exhaustivité peut-elle encore exister sur le support « papier » à l’époque du flux et de la reconfiguration dynamique permanente?

Chronique d’un livre annoncé
Les  150 artistes, au total, - plus un répertoire des acteurs culturels -  bénéficient d’une mise en page inventive. Après les très belles double pages, rouge, brun et or, pour le peintre sculpteur Joël Cazaux, noir et blanc pour Julien Cendres, Homayoun Minoui reprend la parole pour nous faire part de l’envers du décor, travaux, rencontres, à Mis en Oeuvre par exemple, où Frédérique et Olivier Pennarum ont également crée à Nogent-le-Rotrou un lieu de promotion des artistes du Perche dans un ancien hôtel particulier dédié au mobilier contemporain; il y fait la connaissance entre autres de Karibou qu’on retrouvera dans le livre. Sont mentionnés les méfiances, les désistements, les mésaventures avec la mairie de Rémalard ou l’architecte des bâtiments de France. Chaque vernissage y est retracé sur le ton de la confidence, chaque entrevue avec un maire adjoint est inscrite comme un jalon de plus dans l’aventure de la fabrication du livre. C’est avec une certaine candeur que l’éditeur ne peut s’empêcher d’être auteur, et c’est sans doute ce qui le sauve. L’irrépressible besoin d’être au centre peut faire sourire, mais la passion ouverte d’Homayoun Minoui pour son entreprise finit par être communicative, et le résultat est là : un très « beau livre » qu’on feuillete avec plaisir.

Un document
Au-delà des images et de la mise en valeur des artistes, le livre restera comme document, comme l’a fait remarquer Philippe Siguret qui en a écrit l’introduction. « Un livre utile », « instantané au jour J » de la diversité des initiatives culturelles et des artistes vivant dans le Perche en 2009 .Il cite Peintres et Artistes du Perche de Jean Arpentinier, qui avait eu la même ambition, car le Perche a toujours été une terre d’accueil. « Il est important pour un pays d’être ouvert » rappelle Jean-Claude Lenoir, député de l’Orne et maire de Mortagne au Perche lors du lancement du livre à l’Hôtel des Arts. Homayoun Minoui a annoncé la création d’une association culturelle. Le lieu, l’Hôtel des Arts à Rémalard, pourrait devenir l’un des points de rencontre de ce réseau informel, les artistes du Perche, à condition que son fondateur accepte de l’ouvrir aussi « au goût des autres ».

“Le Perche des Arts” de Homayoun Minoui

Préface de Christophe Girard
Introduction de Philippe Siguret

Reflect Editions 49 euros

 


Tags : , , , ,



Articles récents :



Derniers articles par catégories



Artistes et Oeuvres



Liens








4 Commentaires

Écrire un commentaire